Le Chiyogami : un art japonais ancestral et traditionnel

Comme nous avons pu le voir sur mon post de blog précédent, une fois le papier washi fabriqué, on peut soit le laisser au naturel (utilisé alors pour de la calligraphie ou de la décoration), soit le coloriser. Pour cette seconde option, il existe une pratique, en réalité un véritable art japonais, qui consiste à appliquer plusieurs motifs de couleurs sur le papier : l'art du "Chiyogami".



Qu'est ce que la technique du Chiyogami ?

En japonais, "Chiyo" (千代) signifie "période de 1000 ans" et "Kami" (紙) signifie "papier" (racine que l'on retrouve également dans le mot "origami") littéralement : papier de 1000 ans. C'est en effet une technique qui est naît il y a de nombreuses années et qui a évolué dans sa manière d'être appliquée, jusqu'à nos jours.


Initialement, le Chiyogami consiste à encrer manuellement une feuille de papier Washi avec des blocs et des plaques de bois gravés ou des pochoirs découpés, chacun étant utilisé pour une partie du dessin (contour, motif ou couleur). L’artisan doit alors veiller à ce que la superposition des couleurs soit précise afin que les motifs soient bien nets.

De nos jours, on utilise davantage la technique de la sérigraphie, à savoir que les motifs sont imprimés manuellement à l’aide d’ "écrans de sérigraphie" servant dans ce cas de pochoirs. On réalise alors plusieurs passages successifs de couleurs et de dorure pour créer les motifs.


L'utilisation des papiers Washi Chiyogami est vraiment multiple. Nous la connaissons ici pour l'origami mais ils peuvent servir également pour du cartonnage, de la reliure, de la décoration, pour l’habillage de meubles ou de pans de murs, pour de l'encadrement...


Voici une vidéo montrant l'impression manuelle et progressive des motifs par sérigraphie :


Quels motifs retrouve t-on sur le papier Washi Chiyogami ? Quelles en sont les significations ?

La variété des motifs que l'on retrouve aujourd'hui sur le papier Washi Chiyogami puise son inspiration de la période Edo au Japon, soit du XVIIème siècle. En effet, les dessins sont inspirés des motifs et broderies des kimonos.


Historiquement, les motifs font référence à une symbolique de bonne augure et de longévité telle que la tortue, la grue, le pin. Les thèmes reprennent en effet des symboles bien spécifiques et très importants dans la culture japonaise : la grue pour la longue vie, le bambou pour la flexibilité, les fleurs de prunier pour la beauté. Certains des papiers peuvent également représenter les quatre saisons de l'année.


De nos jours, les papiers Washi Chiyogami sont principalement ornés d'animaux (grues, papillons), de formes géométriques (vagues, points, losanges) ou encore de motifs fleuris.


Pour aller un peu plus loin dans la découverte, n'hésitez pas à parcourir ma collection de boucles d'oreilles en origami que je réalise avec des papiers Washi Chiyogami, généralement très fleuris, provenant du Japon.